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Culture Traditionnelle et Martiale
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EPEE TRADITIONNELLE DU WUDANG
WU DANG FENG LEI TI PAO JIAN

L’ART TAOÏSTE DE L’EPEE

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Pour tous ces arts anciens, l’épée constituaitl’arme la plus difficile à maîtriser. Dans les écoles d’art martiaux, on apprenait le combat à mains nues,puis diverses mais l’épée était réservée a ceux qui s’engageaient comme disciples du maître.

Dans la tradition du Tao, l’épée est considérée comme un symbole spirituel représentant l’élément Feu et l’éclair , récepteur de l’énergie spirituelle Yang. Les épées taoïstes portaient des noms symboliques liés à leur caractère spirituel : Vif Eclair, Loi Magique, Constellations Pures...

Dans l’école des Cinq Pics Wudang les pratiquants de l’épée ultime (Taiyu) étaient des moines. Le travail était toujours basé sur le cercle du Bagua, symbole des huit transformations du Yi Jing. On y apprenait à se mouvoir autour d’un cercle et à mouvoir l’épée de façon circulaire. Les combinaisons étaient ainsi infinies.

L’épée servait aussi de support à la transmission et l’absorption de l’énergie (Qi) dans le cadre d’exercices de renforcement de l’énergie interne (Neidan). Le taoïste s’en servait pour concentrer en lui les énergies de la terre, du ciel et de l’eau, virginalement.



L’épée actuellement utilisée dans le milieu des arts martiaux chinois est une arme légère dont la pointe présente deux tranchants.

La forme traditionnelle de l'épée des Huit Immortels (Ba Xian Jian Dao) appartient au style taoïste à la croisée des chemins du Bagua, et du Tai Chi Chuan. D'une grande beauté visuelle, elle propose un développement complet du Qi (énergie vitale), de la souplesse, de la coordination et de la concentration.

Le maniement de l’épée est subtil et s’appuie sur le cercle, un proverbe dit « plus l’épée est droite, plus le mouvement est circulaire». L’apprentissage de la forme de l’épée des Huit Immortels constitue une progression importante pour celui qui pratique le Tai Chi Chuan ou le Qi Gong. Cette progression se base sur les cinq mouvements (Wu Hsing), les huit directions (Ba Gua) et les treize postures. Le travail s’effectue sur trois niveaux :


• Développement du Qi : L'épée par ses mouvements longs et précis    renforce l'énergie vitale dans le réseau des méridiens, plus encore    que le Tai Chi à mains nues. • Développement de la souplesse : L'épée taoïste permet de renforcer    les postures, l'enracinement, la force et la souplesse des tendons par    un travail complet d'extensions et de relâchements. • Développement de la concentration et de la méditation : L'épée   demande une grande concentration et simultanément un état de    relaxation profonde.


Les anciens styles taoïstes existent toujours. Ils demandent beaucoup plus d’investissement physique que les styles d’épée du Tai Chi Chuan, les experts sont aussi plus difficiles à localiser dans la Chine actuelle.

Gérard Edde

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Pour les taoïstes, l’épée (Jian) est un art énergétique, mystique et spirituel. La pratique de l’épée est ainsi liée à différentes méthodes d’évolution propres à la philosophie naturelle taoïste :

- L’alchimie interne (Neidan)   à l’origine des exercices   modernes chinois de santé   (Qi Gong)

- L’art martial interne à la   croisée des chemins guerriers   et spirituels est représenté   par l’idéal antique du   Guerrier Lettré. Le Tai Chi   Chuan moderne est issu   de cette voie d’inspiration   taoïste.

La dernière utilisation est plus mystérieuse, elle appartient à l’ancienne magie taoïste des premiers ages. L’épée servait dans les rituels à subjuguer et maîtriser les influences démoniaques. De nombreuses figures de l’épée contemporaines portent encore des noms reliés à ces pratiques : « percer le cœur du dragon », « Mulan descend aux enfers», «pointer l’épée vers le serpent » …

Une croyance encore plus ancienne reliait l’âme du pratiquant à son épée et de nombreux taoïstes furent enterrés avec leur épée. Celle-ci était alors une véritable réserve de pouvoirs magiques, telle l’épée de Li Mu Bai décrite dans Tigres et Dragons. Le romancier autrichien Gustav Meyrink a su décrire ce genre d’arme magique dans son roman « Le Dominicain Blanc », grâce a sa parfaite connaissance de la mystique taoïste :
« Je pris l’épée et la considérais longuement. Elle était de fer oligiste, qu’on appelle couramment hématite comme le sont fréquemment les bagues que l’on utilisait comme sceaux, visiblement d’origine orientale et très ancienne…Tandis que je la tenais à la main j’éprouvais un sentiment étrange, indescriptible, la sensation qu’il s’en dégageait des courants de vie. »