Culture Traditionnelle et Martiale
Franco-Chinoise
25 rue M. Berthelot
94140 ALFORVILLE
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Shaolin Temple (1975)
Réalisateur : Chang Cheh
Avec : Ti Lung, David Chiang et Alexander Fu Sheng

Shaolin Temple (1982) est le premier film de Jet Li.
L'anecdote : n'ayant jamais vu ce film d'anthologie, je me suis mis à sa recherche et je l'ai trouvé sur internet. Je l'ai visionné et en en parlant autour de moi, j'ai eu quelques surprises : Arnaud trouvait curieux que je n'arrive pas à reconnaître Jet Li sur la pellicule, et maître Zhang a fait des yeux ronds lorsque je lui ai expliqué que dans ce film, on voit les cinq animaux du kung fu shaolin qu'il enseigne et que le bâton sert surtout à touiller la bouillie de riz.
Le film : faisant fi de l'adversité critique j'ai décidé de m'attaquer à la chronique de ce film nimbé des brumes d'un mystère aussi mystérieux que la voie du dos droit bien fait.
Grand bien m'en pris : pas la moindre trace du réalisateur Zhang Xinyan, pas plus que de Li Lianjie (Jet Li) à l'affiche de ce Shaolin Temple, mais la signature prestigieuse du réalisateur Chang Cheh (La rage du Tigre, Le retour de l'Hirondelle d'Or) entouré de trois acteurs de choc : Ti Lung (Le syndicat du crime, La rage du Tigre), David Chiang (La rage du Tigre, Les 13 fils du dragon d'Or) et Alexander Fu Sheng (Les huit diagramme du Wu Tang) dans une production Shaw Brothers.
Le "Temple de Shaolin" que je vous propose n'est donc pas le film de la République Populaire de Chine, mais un pur produit du cinéma de Hong Kong qui ravira les amateurs du genre !
L'intrigue : Après l'assassinat de son père et de ses amis par les mandchous, un jeune homme cherche refuge au temple Shaolin. Le temple étant menacé par l' envahisseur mandchou et le vénérable redoutant que le savoir des moines disparaisse avec lui, il décide d'ouvrir le temple aux profanes et d'accueillir les jeune gens qui sauront se montrer à la hauteur de l'épreuve visant à prouver leur motivation. Si le temple ne survivait pas à l'assaut de l'ennemi, alors ces jeunes chinois auront pour tâche de répandre le savoir des maître dans tout le pays.
Véritable anthologie de l'apprentissage des valeurs du kung fu, Shaolin Temple n'est pas en reste de situations humoristiques, et les jeunes gens sélectionnés auront à faire preuve de courage et d'une patiente ténacité tout au long de leur séjour au temple.
Situations cocasses, franche camaraderie, bienveillance des moines d'un côté, traître infâme, généraux prétentieux, armada déchaînée de l'autre, les ingrédients des grands films hongkongais sont réunis dans cette fresque qui se termine par une bataille géante et frénétique où se mêlent techniques de poing et armes traditionnelles dans un immense décor de carton pâte sans lequel les studios de la Shaw Brothers ne seraient pas ce qu'il sont.
Le champion de Tianjin
Réalisateur : Zhang Huaxun
Scénario : Zhang Huaxun et Xie Hong

"En 1900, à la suite de la rébellion des Boxers, une coalition de forces armées venue d'Europe, de Russie, des États Unis d'Amérique et du Japon envahit la Chine. Pékin et Tianjin (Tien-Tsin) sont occupées.
Le pays est disloqué, les familles sont dispersées, les habitants subissent l'humiliation d'une occupation étrangère.
Notre histoire commence à Tianjin, 16 ans plus tard.
La famille de Dong Fangxu arrive à Tianjin. Ce sont des itinérants qui, pour survivre, donnent des spectacles sur la place publique. Dès les premières scènes du film se succèdent des démonstration de sabre contre lance, de boxe, d'épée.
"Paumes Magiques", le vieux maître de pa kua observe la scène avec intérêt.
Attirés par les clameurs d'admiration de la foule, les élèves du maître de l'école d'arts martiaux de la ville arrivent. "Il n'y a de place que pour un seul tigre dans la forêt."... "
Le champion de Tianjin est le premier film d'arts martiaux réalisé en République Populaire de Chine, en 1981, mais c'est surtout un chef d'oeuvre unique dans le cinéma d'arts martiaux chinois.
Les acteurs ne sont pas des stars, mais d'authentiques experts :
- Li Junfeng (Dong Fangxu dans le film), est maître de pa kua et entraîneur de l'équipe féminine de Pékin.
- Ge Chunyuan (sa femme dans le film) est son élève dans la vie, et championne de pa kua.
- Liu Deyu (qui joue le rôle de maître He Dahei) est expert en Tang Lang Quan (La boxe de la Mante Religieuse).
Le style du film, inspiré du cinéma de Shangai des années 30, est classique mais a l'avantage de présenter des plans larges et des scènes longues qui montrent des formes techniques et des combats en détail et permettent au spectateur d'admirer les différents styles pratiqués par les protagonistes.
Le scénario est solide; l'intrigue, parfaitement construite, reprend les thèmes classiques des films de kung-fu : tournois entre écoles rivales, jalousie, maître assassiné, traître châtié, étranger arrogant à écrabouiller de toute urgence, profession de foi nationaliste ... Mais ce qui fait l'originalité du "Champion de Tianjin", en dehors du fait qu'il montre ce que sont réellement les arts martiaux chinois, c'est son héros, d'âge mûr - qui n'a rien de commun avec les héros juvéniles, en colère et survoltés des films de Hong Kong - et la morale propre à l'enseignement des maîtres de l'art traditionnel qui se diffuse tout au long du film.
"Le champion de Tianjin", vous l'aurez compris, est un film à découvrir ou à revoir absolument, et occupera une place d'honneur dans votre cinémathèque.
A noter que vous découvrirez dans ce film des scènes d'entraînement et de renforcement que Maître Zhang a la grande bonté de nous épargner !!
Bon film,
Clément.
Sources qui ont servi à ce texte : Christophe Champelaux : "Tigres et Dragons : les arts martiaux au cinéma, du ring à la rue"